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16 novembre 2007
EUROPE ET TURQUIE, UN MARCHE DE DUPES
L’an passé un certain 12 Octobre 2006, je m’étais élevée contre une initiative politique inutile et absurde, certains arméniens se félicitant de la position de notre Assemblée Nationale sur le Génocide arménien. Certes, je les comprends ; cela fait 40 ans qu’on ment aux arméniens sur l’engagement réel des politiques face à la Turquie qui a massacré plus de 50% de la population arménienne au début du XXe siècle. Mais, la France n’a pas besoin de se donner bonne conscience en promulguant une loi inutile visant seulement à faire respecter une vérité historique déjà validée par un acte officiel, d’ailleurs le Sénat ne semble pas vouloir ratifier ce texte peu gratifiant pour la France des humanités et de la sagesse.
par Catherine Mouradian
Quand la France soutient l’Arménie, je m’en réjouis ; cela nécessite un vrai courage politique au regard des oppositions internationales. Je soutiendrai toujours haut et fort tout acte dénonçant les crimes contre l’humanité. Mais, faut-il avoir à ce point oublié la réalité historique et géopolitique du XXe siècle pour qu’à présent au pays de la liberté d’expression on ne sache plus faire respecter les vérités que par la loi !
La question turque dépasse de loin le cadre d’une simple loi hexagonale mais concerne directement tant les rapports de la Turquie avec l’Europe et la France que la définition même de l’Europe.
Des faits historiques patents et authentifiés
Avons-nous oublié les témoignages de diplomates occidentaux de l’époque (cf Internet), sur les massacres subits par les arméniens, ainsi que l’acquittement par la justice allemande de Weimar de l’Arménien qui a tué en 1921 à Berlin TALAAT PACHA (un des ministres turcs commanditaires du génocide arménien); preuve évidente que ce génocide est très tôt connu même en Occident ! Ajoutons que la France a accueilli les premiers réfugiés arméniens vers 1920, qu’ils ont bénéficié, en reconnaissance de leur malheur du statut de « réfugié Nansen » dès 1935 ; en 1939 le Haut Commissariat sous l’égide de la SDN remplace l’Office Nansen. L’ONU a reconnu le génocide arménien comme tel en 1985 et certains pays, comme la France en 2001, ont officiellement fait acte de reconnaissance rappelant que la définition onusienne de « génocide » datant de 1948 s’applique clairement aux arméniens.
Pourtant, à cause de la guerre froide, les Américains et les Européens, s’allient à la Turquie kémaliste, promettant l’Eldorado européen aux Turcs « occidentalisés ». La Turquie entre dans l’OTAN en 1952 puis siège au Conseil de l’Europe ! Depuis avant chaque élection, les politiques français rejouent la même comédie burlesque aux Arméniens en affirmant leur soutien à la reconnaissance du Génocide pour ensuite (après les élections) se rapprocher des Turcs. Je rappelle à tous que si 2006/2007 fut « l’année de l’Arménie », celle de la Turquie est en cours de programmation…Que fera t-on alors ? S’agit-il d’une sinistre comédie ou d’un mensonge d’Etat envers la Turquie, les Arméniens et tous les citoyens européens ! Je ne mets pas en doute la réelle bonne foi de certains politiciens mais je constate un jeu diplomatique stérile.
Depuis plus de 90 ans Arméniens et autres chrétiens d’Orient étouffent de rage et d’impuissance face à la persistance de la question turque mais je voudrais crier sur les toits que le peuple turc n’est pas responsable de l’ignorance dans laquelle le pouvoir politique tente de le maintenir, que chaque pays a son histoire, ses misères et que chaque peuple a le droit d’être nationaliste ou patriote. Seule la négation grave et tragique de l’évidence est honteuse!
Je précise que je suis 100% arménienne et née en France. Dès l’enfance j’ai écouté régulièrement les anciens évoquer les massacres atroces auxquels ils avaient échappé de justesse et le goulag stalinien que ma famille paternelle avait connu en 1936. Très tôt, je me suis intéressée à l’histoire et sans être un grand expert, certains constats restent à la portée de tous.
Une poudrière aux portes de l’Europe
En ce moment, la Turquie attaque régulièrement le Kurdistan Irakien, le pétrole de Mossoul n’est pas loin ! Les Kurdes de Turquie sont installés sur les anciens territoires arméniens en remerciement de leur aide au génocide de 1915 et ils sont prêts à se battre pour leur indépendance voir faire alliance avec les Kurdes irakiens. Ainsi, un autre conflit armé se dessine, dans un silence médiatico-politique assourdissant, autour d’un Etat qui siège au Conseil de l’Europe !
Aujourd’hui la Turquie n’est plus celle des années 60 ; malgré la moderne Istanbul, le pays est gangrené par un islam intégriste qui laisse songeur, gagne du terrain, fragilise l’équilibre nationale et ne facilite pas le dialogue avec une certaine Europe.
L’Europe n’a pu ou voulu résoudre deux conflits larvés avec la Turquie ; la question des frontières maritimes de la Grèce et la partition de Chypre. La reconnaissance du génocide n’est pas non plus, officiellement, un préalable à l’entrée de la Turquie en Europe (?)
Faut-il rappeler que si à force de pression la Turquie finit par reconnaître le génocide arménien, peut-être devra-t-elle rendre au moins un versant du Mont ARARAT. Que devra-t-on lui donner en échange ? L’Europe se prépare-t-elle à de vraies négociations, devra-t-elle vendre son âme ? A moins que l’on demande l’inacceptable aux arméniens, par exemple, céder le KARABAGH aux azéris en échange de matières premières ; en Europe aucun politique ne s’est alarmé du boycott énergétique que l’on fait subir à l’Arménie…Voilà de quoi réveiller une autre guerre au Sud Caucase … Avis donc aux amateurs de catastrophes humanitaires et écologiques !
Non, la question arméno-turque n’est pas une question bilatérale car elle soulève l’ensemble des questions qui relève de l’orientation géostratégique futur des pays membres de l’UE. Quel homme politique aura le courage et le bon sens d’anticiper ce qui pourrait devenir un autre KOSOVO afin de protéger l’intégrité et l’honneur de l’Europe et de la France ?
Chaque pas vers la reconnaissance mondiale du génocide est vital, dans cette lutte le rôle de la France a été essentiel mais beaucoup d’arméniens ne peuvent laisser dévoyer les conditions de cette reconnaissance car ils sont aussi citoyens d’un pays libre. Jamais une loi ne fera l’histoire, c’est un exemple antidémocratique, une insulte à la liberté de pensée que bien des dictateurs seront contents de nous renvoyer à la figure, le gouvernement turc en premier !
De même, dans l’état actuel d’abrutissement politique il y a fort à parier que l’Europe va encore se laisser dépasser sur la question Kurde.
Les peuples ne sont pas des pièces de mobilier que l’on déplace au gré des tyrannies, nous le savons tous !
La France moteur de l’Europe
Que dire de l’expression d’une Europe construite avec les démocraties modernes sous prétexte que le droit de vote y est acquis ! Même, des états islamistes n’ont pas commis l’erreur de ne pas instituer récemment des élections dites libres. La définition de «démocratie moderne» ne peut plus se contenter de ce genre de raccourcis !
L’émigré arménien et ses fils comme la plupart des émigrés de l’Est, ont grandi dans l’amour de la France ; cette France engagée, humaniste et moteur de l’Europe. Cet émigré facilement polyglotte, souvent viscéralement européen car il y nourrit sa pensé chrétienne, appartient à une vaste diaspora américano-européenne. S’il vit en France par fierté ou par choix ses yeux sont naturellement tournés vers le reste du monde ; les politiques seraient bien inspirés de ne pas le prendre pour un aimable imbécile, aveugle ou sourd, au prétexte qu’il est d’un naturel courtois ! Tout arménien sait que le débat sur la Turquie en Europe dépasse la stricte reconnaissance du Génocide mais ne peut dissocier les deux thèmes. Nos grands géostratèges n’osent pas affronter cette réalité et leurs silences laissent s’installer des situations devenues explosives.
Quelle place allons-nous donner à la Turquie, que nous ne pouvons ni abandonner ni accepter en l’état ? Qui va redonner à la France le courage de sortir de son épais brouillard intellectuel, culturel et politique ?
Moi, je ne veux plus parler de frontières européennes mais d’éthique ! Quelle Europe bâtir si les fondations sont vides de sens ? Quel politique aura le courage et les moyens de dire à la Turquie que son comportement est en contradiction avec les attentes européennes, qu’en l’état actuel des choses 10 ans ne lui suffiront pas à revoir son histoire. Des personnalités courageuses en Turquie essayent parfois au péril de leur vie de faire émerger des vérités mais ici, pour les soutenir, nous optons pour la couardise politique et maintenant la censure nette !
La France serait-elle tombée si bas qu’elle ne soit plus apte à réveiller sa conscience nationale pour le respect naturel des peuples, des cultures et de l’histoire ! Si tel est le cas alors la France des libertés est morte et l’Europe ne sert à rien !
Je ne peux me résoudre à un tel gâchis et j’espère que la pensée de nos décideurs n’est pas complètement tombée dans l’inconsistance. J’attends un discours clair en harmonie avec les valeurs dans lesquelles j’ai été élevée. La réalité du monde est trop alarmante pour que l’on continue les violons consolateurs à tout va. Qui va mobiliser les média sur le sens réel de l’Europe de demain qui comme toute inconnue fait de plus en plus peur ?
L’Europe « une terre de paix et de concorde »
Une Europe de la méditerranée semble en construction sous l’impulsion de notre actuel Président sans doute l’idée n’est pas mauvaise, faudra-t-il encore être capable d’y garantir le respect des valeurs qui fondent l’idéal Européen ! Le retour aux conditions du Traité de Nice n’apporte aucune réponse éthique.
La campagne électorale pour les Européennes de 2009 va succéder aux municipales de 2008, je veux croire en un sursaut !
La France si fière de son passé sera-t-elle le moteur d’une nouvelle Europe consciente de son histoire, celle qui vibre depuis de Charlemagne ou allons-nous continuer sa déconstruction en piétinant tous les espoirs des citoyens
Si les politiques souhaitent que les français se réconcilient avec l’idée d’une Europe politique, il leur faudra taire la langue de bois au profit d’un discours clair sur les vraies réalités politiques, sociales, économiques et culturelles !
« Sous prétexte de paix, du devoir de mémoire ou de stratégies complexes ne tombons pas dans le piège de la négociation molle et démagogique ; elle fait le lit des rancoeurs. Ne transigeons plus sur les valeurs qui sont notre identité et notre oxygène! » Cette conclusion fut celle d’un précédent écrit mais reste pour l’heure particulièrement explicite car elle fonde toute politique pérenne.
Catherine Mouradian
18:50 Publié dans BILLETS D'HUMEUR | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : TURQUIE, ARMENIE, EUROPE, TRAITE DE NICE, Valérie Sachs
Commentaires
EUROPE ET TURQUIE
- Le « Non » au Traité constitutionnelle est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejeté ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop souvent source d’incompréhension, de confusion …
Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne place la Turquie !
- Alors, ce pays, européen ou pas ?
- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux continent... Tout de même estomaquant…
- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ?
- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles.
-Commençons par les géographiques.
La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ?
Evident, non…
- Frontières culturelles.
Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement…
Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie…
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée…
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité.
Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire !
Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les juifs étaient victimes de la part des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…
- Fermons la parenthèse.
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c'est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin !
- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde). Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !
- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non...
- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.
- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées :
Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien).
A l’ouest, évidement l’atlantique.
Au nord/est le Rhin et le Danube.
Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-)
Au sud/est le Tigre et l’Euphrate.
Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire).
Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne !
Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors.
Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c'est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche…
Relativité des concepts, disions-nous…
Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs…
- Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative !
Mais cela était il y a « deux milles ans »…
- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?
- Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas…
Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.
COLPIN Didier
Ecrit par : COLPIN Didier | 15 décembre 2007

